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CHEMINEMENT SPIRITUEL : GRANDIR À TRAVERS LES ÉPREUVES. Part1

  • Photo du rédacteur: Farah Valmont
    Farah Valmont
  • 8 déc. 2025
  • 4 min de lecture
« L'homme apprend par l'expérience, et le chemin spirituel est plein de différents types d'expériences. » - Sai Baba
« L'homme apprend par l'expérience, et le chemin spirituel est plein de différents types d'expériences. » - Sai Baba

Dans la vie de chacun, certaines expériences marquent une rupture : un moment où tout bascule, où l’on se découvre vulnérable, démuni, mais également capable d’une force insoupçonnée. Mon histoire scolaire et familiale en fait partie. Elle représente l’un de ces détours imprévus qui, malgré la douleur, deviennent des piliers essentiels de la construction intérieure.

Parmi les scènes qui composent le tableau de mon enfance, les souvenirs liés à l’école occupent une place particulière. J’ai grandi dans un univers où les études n’étaient pas seulement une priorité : elles étaient une identité, un devoir moral, presque un destin. Mon père considérait la réussite scolaire non seulement comme une étape, mais aussi comme un statut social

Sous ce regard exigeant, je me suis construite autour de l’idée que ma valeur dépendait de mes performances. À tel point que, très jeune, je percevais mes bonnes notes comme la confirmation que je suivais le chemin tracé pour moi. En CM2, les rêves prémonitoires qui m’annonçaient mes résultats scolaires avaient pour moi une signification sacrée : j’y voyais un signe divin. Mais la vie nous enseigne parfois en renversant ce que nous croyions immuable. Arrivée en classe de rhéto, mes certitudes se sont effondrées. Après avoir échoué deux fois aux examens, j’ai senti mon monde voler en éclats. Dans mon entourage, l’échec scolaire n’était pas une difficulté parmi d’autres : il était un déshonneur, une fracture dans l’image qu’on présentait au monde.

Aux yeux de mon adorable père, cet échec représentait bien plus qu’une mauvaise note : c’était une déception intellectuelle et sociale, un effacement du statut si durement idéalisé. Bien qu’il continuait à subvenir à mes besoins matériels, il avait coupé toute communication avec moi. Ce silence froid pesait plus lourd que n’importe quelle punition. La séparation entre mes parents, déjà ancienne, ajoutait à ma solitude un sentiment de fragilité familiale. Ma tendre mère, elle, n’avait pas abandonné, mais avait durci ses méthodes. Limitation de mes sorties, contrôle du téléphone, exigence accrue : tout cela était censé me ramener à la discipline, mais ne faisait que renforcer l’oppression intérieure que je ressentais.

Perspective : « Tout pourrait être mieux, mais tout pourrait être plus mal. Donc tout est bien ! »
Perspective : « Tout pourrait être mieux, mais tout pourrait être plus mal. Donc tout est bien ! »

Cette période fut l’une des plus sombres de ma vie. L’échec, dans ce contexte, n’était pas un événement ; c’était un effondrement total. J’avais l’impression de ne plus exister en dehors de mes résultats. La dépression s’est installée, sournoise, pesante, au point où la vie elle-même me semblait n’avoir plus de sens. Je voulais littéralement me suicider. Confier ma détresse à un ami fut ma tentative désespérée de chercher un soutien. Mais la réponse qu’il me donna résonne encore, glaciale :  « Si tu penses vraiment que ta vie se résume à l’école, alors peut-être n’as-tu plus aucune raison de vivre.» Comme si cela ne suffisait pas, un de mes frères ajouta un jour, avec une cruauté que je ne comprenais pas encore :  « Mais qu’est-ce que tu vaux enfin ? — Rien ! » Ces mots se sont inscrits en moi comme une brûlure.


"Le plus bel amour est celui qui éveille l'âme, et nous fait nous surpasser. Celui qui enflamme notre coeur et apaise nos esprit. C'est ce que tu m'as apporté."

film N'oublie jamais


Je n’ai jamais été une personne religieuse. Mais à ce moment de ma vie, face au vide, j’ai ressenti le besoin instinctif de me tourner vers quelque chose de plus grand que moi. Je priais tous les jours à midi, non pas avec la foi d’une croyante, mais avec l’espoir fragile d’une âme qui cherche un refuge. J’ai demandé à DIEU la force de me relever, non seulement pour moi, mais aussi pour l’honneur de mes parents. Je voulais prouver — peut-être d'abord à moi-même — que je n’étais pas cet échec. Contre toute attente, lors du bac permanent, le miracle que je n’osais plus espérer s’est produit. Je me rappelle ce jour comme si je le vivais encore. Un ami lisait les résultats sur son ordinateur; mon cœur battait si fort que je pouvais l’entendre. Quand il a levé les yeux et m’a annoncé que j’avais réussi, je suis restée figée, incapable d’y croire. J’ai vite annoncé la nouvelle à mon père au bout du fil. Il en était ravi et m’a sincèrement remerciée…


 “Le plus grand secret de la réussite, c'est de se fixer un but et de ne le perdre jamais de vue.”
Le plus grand secret de la réussite, c'est de se fixer un but et de ne le perdre jamais de vue.”

 

Avec le recul, je comprends aujourd’hui que cette période ne fut pas un détour inutile, mais une étape essentielle dans ma croissance intellectuelle, psychologique et spirituelle. Les épreuves façonnent l’être bien plus que les succès. Elles brisent les illusions, révèlent les forces insoupçonnées, ouvrent la porte à un questionnement intérieur que la réussite ne suscite jamais. La valeur d’un être ne se mesure jamais à un examen, mais à sa capacité à renaître.




Farah-Louka Valmont, Psychologue 

 
 
 

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