Comprendre la ménopause sur le plan biologique
La ménopause marque la fin naturelle de la fertilité chez la femme. Elle correspond à l’arrêt définitif des menstruations pendant 12 mois consécutifs, en raison de la diminution progressive de la production d’œstrogènes et de progestérone par les ovaires. Elle survient généralement entre 45 et 55 ans, mais l’âge peut varier selon les antécédents familiaux, le mode de vie ou certains traitements médicaux.
Les manifestations physiques les plus fréquentes incluent :
Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes dues aux variations hormonales ;
Troubles du sommeil, fatigue et palpitations ;
Sécheresse vaginale, parfois accompagnée de douleurs lors des rapports sexuels ;
Prise de poids et modifications de la silhouette ;
Chute de cheveux, peau plus sèche et ralentissement du métabolisme ;
Diminution de la densité osseuse, augmentant le risque d’ostéoporose.
Ces changements hormonaux ne sont pas une maladie, mais un processus physiologique naturel que chaque femme vit différemment.
Les répercussions psychologiques
Sur le plan mental et émotionnel, la ménopause peut provoquer une irritabilité accrue ou des sauts d’humeur ; des épisodes d’anxiété, de tristesse ou de démotivation ; des troubles de la concentration et une baisse de la mémoire à court terme ; une remise en question identitaire liée à la perte de la fertilité ou à l’image corporelle.
Les neurosciences montrent que les variations hormonales influencent les neurotransmetteurs (comme la sérotonine* et la dopamine*), ce qui explique ces fluctuations émotionnelles. Cependant, il est essentiel de comprendre que ces troubles ne sont pas une fatalité : avec une bonne hygiène de vie et un accompagnement adéquat, l’équilibre émotionnel peut être préservé.
Les conséquences sociales et culturelles
Dans certaines cultures, la ménopause est perçue comme une période de déclin, marquée par la fin de la jeunesse ou de la séduction. Cette vision négative peut conduire à une forme d’isolement, voire de marginalisation.Pourtant, dans d’autres sociétés, elle est célébrée comme une renaissance, symbole de sagesse, de liberté et de maturité.
Les conséquences sociales varient selon le regard que la société porte sur les femmes ménopausées : certaines se sentent moins valorisées au travail ou dans leur vie affective ; d'autres retrouvent une autonomie nouvelle, libérées des contraintes menstruelles ou de la maternité.
La clé réside dans la revalorisation du rôle social de la femme à cette étape de la vie — non plus en fonction de sa fertilité, mais de son expérience et de son rayonnement personnel.
Comment y faire face : conseils et approches efficaces...
a) Sur le plan physique
Adopter une alimentation équilibrée, riche en calcium, magnésium et vitamines D et B.
Pratiquer une activité physique régulière (marche, natation, yoga, danse).
Éviter l’alcool, le tabac et les repas trop gras qui accentuent les bouffées de chaleur.
Consulter un professionnel pour envisager, si nécessaire, une thérapie hormonale substitutive (THS)* sous supervision médicale.
b) Sur le plan psychologique
Parler de son expérience : la communication aide à désamorcer la honte et la solitude.
Pratiquer des activités apaisantes (méditation, respiration consciente, écriture).
Maintenir une vie sociale active et valorisante.
Ne pas hésiter à consulter un psychologue ou un thérapeute si la dépression ou l’anxiété s’installent.
c) Sur le plan affectif et spirituel
Redécouvrir son corps avec douceur, sans culpabilité.
Prendre ce temps pour se reconnecter à soi, à ses passions, à son couple.
Repenser la ménopause non comme une “fin”, mais comme un nouveau cycle de vie, où la femme se recentre sur son être intérieur.
Une date pour célébrer et sensibiliser
Chaque 18 octobre, le monde célèbre la Journée mondiale de la ménopause, instaurée par la Société internationale de la ménopause (IMS) en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette journée vise à briser les tabous, à promouvoir la santé des femmes à la mi-vie et à rappeler que la ménopause n’est pas une perte, mais une évolution naturelle du corps féminin.
La ménopause n’est pas la fin d’une histoire, mais le commencement d’un nouvel équilibre. Bien comprise et bien accompagnée, elle peut devenir un moment de transformation, de paix et d’affirmation personnelle.
Sérotonine: est un neurotransmetteur et une hormone, souvent surnommée « hormone du bonheur », qui régule de nombreuses fonctions corporelles telles que l'humeur, le sommeil et l'appétit. Elle joue un rôle crucial dans la communication entre les neurones et est essentielle au fonctionnement cérébral et intestinal, où elle est principalement produite.
Dopamine: Dans le cerveau elle est sécrétée par les neurones dopaminergiques et joue un rôle essentiel dans le mouvement, la motivation, le plaisir et la récompense. Surnommée "molécule du plaisir", elle ne déclenche pas directement le bonheur, mais participe à l'anticipation de la récompense.
Thérapie hormonale substitutive (THS): Traitement qui vise à compenser la baisse des hormones féminines (œstrogènes et progestérone) pendant la ménopause pour soulager les symptômes associés, comme les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale.
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