POURQUOI MENTONS-NOUS ?
- Farah Valmont
- 17 nov. 2025
- 4 min de lecture
De la petite dissimulation à la tromperie destructrice : comprendre les mécanismes du mensonge.
Quand le mensonge brise des vies.
Le mensonge est une arme silencieuse. Il peut paraître anodin, parfois même nécessaire, mais lorsque la tromperie touche au cœur, elle laisse des cicatrices profondes.Un homme en a fait l’amère expérience : après avoir retrouvé une amie d’enfance sur les réseaux sociaux, il se laissa emporter par la nostalgie, l’amour et la confiance. Ils se marièrent. Ce n’est qu’après la cérémonie qu’il comprit la vérité : elle l’avait épousé uniquement pour obtenir la résidence américaine et fuir son pays pauvre. Tout son monde s’effondra. La douleur fut immense, la déception insondable. Il lui fallut des mois pour comprendre, digérer, pardonner — ou du moins survivre.
Le mensonge n’est pas toujours aussi spectaculaire, mais il blesse toujours. Le mot mensonge vient du latin mentiri, qui signifie déguiser la vérité, inventer, feindre. Un mensonge n’est pas seulement le contraire de la vérité : c’est un acte conscient dont le but est de tromper.
Comment le mensonge s'apprend dès l’enfance

Contrairement à ce que l’on croit, mentir n’est pas un défaut inné :
Vers 2–3 ans, l’enfant commence à comprendre que ses pensées ne sont pas visibles, ouvrant la porte aux premières dissimulations.
Vers 4–6 ans, il maîtrise l’art de “cacher” une bêtise pour éviter une punition.
L’environnement éducatif joue un rôle déterminant : un enfant à qui l’on crie dessus pour chaque erreur apprendra très tôt à mentir pour se protéger ; un enfant valorisé pour son honnêteté sera plus enclin à dire la vérité.
Nous apprenons donc à mentir pour survivre, plaire, éviter la douleur ou obtenir quelque chose.
Pourquoi mentons-nous ? Les multiples raisons
Les motivations sont nombreuses et parfois contradictoires :
1. La peur
Peur d’être jugé, rejeté, puni, abandonné. Beaucoup de conflits naissent de ce type de mensonge.
2. L’intérêt personnel
Obtenir un avantage, comme :
l’argent,
la reconnaissance,
un emploi,
ou, comme dans le cas de cet homme, une résidence ou un statut social.
C’est le mensonge calculé, froid, stratégique.
3. La protection des autres
Ce qu’on appelle les “mensonges altruistes”, parfois pour préserver les sentiments d’autrui.
4. Le mensonge pathologique
Certains individus mentent pour exister. Leur identité est construite autour de récits inventés. On parle de mythomanie : ce n’est pas seulement un choix, mais un trouble.
5. La médisance et la fabrication
Le mensonge peut aussi être social : exagérer, inventer, parler des autres sans savoir.La médisance naît souvent de la jalousie, de la comparaison et du besoin de dominer par la parole.
6. La manipulation
C’est le mensonge utilisé comme outil de pouvoir : contrôler, séduire, obtenir. La femme qui a trompé cet homme en se mariant pour un visa illustre parfaitement cette catégorie.
Les conséquences du mensonge
Le mensonge n’est jamais neutre. Ses effets s’étendent bien plus loin que prévu.
1. Sur le plan personnel
perte de confiance en soi
culpabilité ou honte
confusion intérieure
fragmentation de l’identité chez le menteur habituel
blessures émotionnelles et traumas chez la personne trompée
2. Sur le plan social
Le mensonge détruit :
les couples
les amitiés
les familles
les équipes de travailIl installe un climat de suspicion qui peut durer toute une vie.
3. Devant la loi
Selon la gravité, le mensonge devient un délit :
fausse déclaration
fraude
usurpation d’identité
faux témoignage sous serment (Parjure)
escroquerie
diffamation
Ces actes peuvent mener à des amendes, à des poursuites judiciaires ou même à la prison.
Mon expérience personnelle : quand dire la vérité ne suffit pas
Il existe des situations particulièrement cruelles où la vérité ne trouve pas d’écho. J’en ai personnellement fait l’expérience : je me suis retrouvée obligée de demander pardon pour un conflit que je n’ai pas commencé, simplement parce que personne ne croyait ma version. C’est l'un des pires effets du mensonge : il vole la voix des innocents. Lorsque les autres choisissent de croire un récit faux, celui qui dit vrai devient presque un accusé. Cette injustice laisse une trace, parfois plus profonde qu’on ne l’avoue.

Il existe une forme de mensonge bien plus sombre, plus silencieuse, mais terriblement répandue : celle qui s’installe autour des violences sexuelles intrafamiliales. Je pense à de nombreuses familles, des jeunes filles violées par un oncle, un cousin, un beau-père ou même un père et qui osent briser le silence. Mais leur parole est étouffée. Non seulement on ne les croit pas, mais on les accuse parfois d’inventer, d’exagérer, ou de vouloir “détruire la famille”...
Y a-t-il quelque chose de positif dans le mensonge ?Le sujet est controversé, mais certains mensonges ont une fonction :
Les mensonges “blancs”
Ils protègent parfois :
la sensibilité d’un proche
un enfant face à une vérité trop lourde
une personne en détresse émotionnelle
Ces mensonges ne cherchent pas à tromper pour obtenir, mais à protéger.
-La diplomatie
Les relations internationales, la médiation, les négociations utilisent parfois l’omission ou la formulation stratégique. Sans cela, certains conflits exploseraient.
-La créativité
L’imagination, la fiction, l’art… sont des formes de “mensonges” volontaires qui enrichissent la vie humaine. Mais aucun de ces mensonges positifs ne peut justifier la trahison, la manipulation ou l’exploitation de l’autre.
La vérité comme base d’une vie saine.















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